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Les acteurs - les membres de l'association


La qualité de membre d’une association se perd par décès, démission, radiation pour non-paiement de la cotisation, ou encore exclusion pour motif grave.

Démission

Dans la plupart des associations, la démission est un droit que les membres peuvent exercer à tout moment, nonobstant toute clause contraire des statuts. En effet, la liberté d’association, c’est aussi le droit de ne plus faire partie d’une association.

Par exception, lorsqu’une personne est obligatoirement membre d'une association en vertu de dispositions légales impératives – ce qui est le cas, par exemple, du membre de droit d’une association communale de chasse agréée –, elle ne peut pas démissionner aussi longtemps qu'elle remplit les conditions pour être membre de droit de l’association.

La démission n’exige aucune forme particulière dès lors qu’il n’y a aucune ambiguïté sur l’intention du démissionnaire : elle peut résulter de la cessation délibérée de payer ses cotisations, mais il est préférable, pour éviter toute équivoque, de présenter sa démission par écrit. Une fois la démission intervenue, son auteur ne saurait la rétracter.

Les statuts peuvent cependant aménager une procédure à condition que celle-ci ne soit pas un obstacle à la démission (ex. : respect d'un certain délai de préavis, dès lors que ce délai n’est pas trop long).

Enfin, lorsque la qualité de membre est subordonnée au respect de certaines conditions (conditions d’âge, de profession, etc.), le simple fait de ne plus remplir ces conditions peut constituer une cause de perte automatique de la qualité de membre, en d’autres termes une démission d’office.


Bon à savoir

Bon à savoir

La loi Warsmann du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives supprime la distinction jusqu’alors opérée entre les associations formées pour un temps indéterminé et les autres. Désormais, même lorsque l’association est conçue pour une durée déterminée, les membres disposent du droit de démissionner à tout moment après paiement des cotisations échues et de l’année courante (modification de l’article 4 de la loi de 1901).

Radiation

Les statuts peuvent décider que le non-paiement de la cotisation est une cause automatique de perte de la qualité de membre. Il n’est pas besoin, dans cette hypothèse, d’accomplir une quelconque formalité d’exclusion.

Mais les statuts peuvent également prévoir qu’une décision expresse du conseil d’administration ou du bureau est nécessaire pour prononcer (ou constater) la radiation du membre pour non-paiement de la cotisation.

Dans cette hypothèse, tant qu’une décision de radiation n’a pas été prise par l’organe compétent, le membre non à jour de cotisation conserve sa qualité de membre et doit, le cas échéant, être convoqué à l’assemblée générale et pouvoir y voter.

La perte de la qualité de membre peut également être automatique si le membre ne remplit plus l’une des qualités requises pour être adhérent de l’association. Tel est, par exemple, le cas du membre d’une association de locataires devenu... propriétaire de son logement ou ayant déménagé.

Enfin, dès lors que les statuts ou le règlement intérieur donnent compétence à un organe de l'association pour prononcer la radiation d'un membre, le tribunal n'est pas lui-même compétent pour prononcer cette sanction. Tout au plus peut-il contrôler que la décision d’exclusion a été prise régulièrement (et semble-t-il, si tel n’est pas le cas, prononcer la réintégration du membre irrégulièrement exclu).


Conseil

Conseil

  • Pour écarter les simples oublis ou les difficultés financières temporaires, indiquez que la radiation n’interviendra qu’après un rappel resté infructueux et n’oubliez pas d’adresser ce rappel aux retardataires.

  • Il est préférable de distinguer, dans les statuts, la radiation pour non-paiement de la cotisation de l’exclusion pour faute, laquelle implique le respect d’une procédure disciplinaire plus rigoureuse.


info1901

En aparté...


La liberté d'association selon la loi de 1901 signifie à la fois que toute personne peut s'associer avec une ou plusieurs autres personnes sans avoir à en demander l'autorisation, que nul ne peut être considéré membre d'une association sans y consentir et, corollairement, que tout membre d'une association peut se "désassocier" à tout moment, sans aucun préavis.

En fait le préavis ne peut être exigé que dans les associations de droit local d’Alsace-Moselle (art 39 du code civil local) sans pouvoir dépasser deux ans ; il ne peut pas plus être exigé des dirigeants d'une association 1901.

Mais attention, si certains membres démissionnent brutalement, ils peuvent se voir réclamer des dommages et intérêts dès lors que la brutalité de leur départ aurait causé des torts à l'association.

Gérard Laville, Service 1901


info1901

En aparté...


La radiation ne peut être décidée que pour motif grave ou si le membre commet l'une des fautes énumérées, le cas échéant, dans les statuts (défaut de participation à une activité prévue par l’association, par exemple).

Il est préférable de se contenter du motif grave car, si la liste de ces fautes est explicite, toute faute non prévue dans ladite liste ne pourrait être sanctionnée de la radiation. Attention toutefois à bien analyser le degré de gravité de la faute : on a ainsi vu une association radier un de ses membres qui, lors de l'assemblée générale, avait commis un "crime de lèse-majesté" en osant demander des précisions sur les comptes présentés !

Gérard Laville, Service 1901

Exclusion pour faute grave

Toute association a le pouvoir de réglementer et de sanctionner un membre qui nuirait à son fonctionnement ou à son existence, ou encore qui porterait atteinte à son objet, voire à sa réputation.

Les statuts, éventuellement complétés par le règlement intérieur, peuvent alors organiser librement l’exercice du pouvoir disciplinaire au sein de l’association et, en particulier :

  • décrire les faits constitutifs d’une faute grave (manquement à l’éthique sportive pour un membre d’une association sportive, par exemple), mais les statuts peuvent également prévoir que l’exclusion du membre de l’association sera encourue pour « tout motif grave » laissé à l'appréciation d'un organe compétent, sous contrôle des juges ;

  • désigner l’organe compétent en matière disciplinaire : assemblée générale, conseil d’administration, bureau ou commission disciplinaire spécialement créée à cet effet. À défaut de précision, ce pouvoir appartient à l’organe compétent pour agréer les nouveaux membres ou plus généralement au conseil d’administration ;

  • prévoir le respect d’une procédure disciplinaire particulière : passage devant une commission, réalisation d’une enquête par un organe, droit d’être assisté par la personne de son choix, etc.

En tout état de cause, qu’une procédure disciplinaire ait été ou non prévue par les statuts ou le règlement intérieur, les "droits de la défense" doivent impérativement être respectés ce qui implique que :

  • l’intéressé doit être informé, au préalable, des faits qui lui sont reprochés ;

  • sa convocation devant l’autorité disciplinaire doit préciser l’éventualité et la nature de la sanction encourue ;

  • l’intéressé doit pouvoir bénéficier d’un délai suffisant entre la convocation et la date de la réunion, pour lui permettre de préparer utilement sa défense ;

  • l’intéressé doit être mis en mesure de présenter ses explications, le cas échéant accompagné du conseil de son choix (membre de l’association, voire avocat, par exemple) ;

  • le prononcé de la sanction doit être précédé de débats réguliers ;

  • la sanction doit être notifiée à l’intéressé par écrit (de préférence par lettre recommandée avec avis de réception) ;

  • la sanction prononcée à l’encontre de l’intéressé doit pouvoir faire l’objet d'un recours interne devant un autre organe de l'association, par exemple devant l’assemblée si l’exclusion a été prononcée par le bureau...En tout état de cause, l’exclusion doit toujours pouvoir être contestée devant les tribunaux.

Enfin, une fois exclu, l’intéressé ne saurait pouvoir réclamer sa réintégration quelque temps plus tard, car cela ôterait alors toute portée à la décision d’exclusion.


Attention

Attention

Les sanctions les plus graves telles que la suspension ou l’exclusion ne peuvent être prononcées directement par l’association que si elles ont été prévues, au moins dans leur principe, par les statuts. A défaut, seul le juge peut prononcer l’exclusion d’un membre pour cause légitime.


Bon à savoir

Bon à savoir

  • Souvent, les statuts envisagent l’exclusion prononcée pour faute grave. Mais cela n’empêche pas, le cas échéant, de prononcer toute autre sanction disciplinaire de moindre importance (exemple : suspension du droit de vote aux assemblées pendant une certaine durée).

  • Lorsque les statuts considèrent que certains faits ou actes précis constituent des fautes et qu’ils précisent les sanctions applicables à ces fautes, les juges ne sont plus en mesure d’apprécier l’opportunité et la proportionnalité de la sanction à la faute. Il leur incombe uniquement de constater la réalité des faits incriminés et le respect par l’organe compétent de la procédure disciplinaire.


Exemple

Exclusion d’un membre, oui… si respect des droits de la défense garanti

Une association a notifié, par lettre simple, à deux de ses membres, respectivement ex-présidente et ex-trésorier, leur exclusion. Elle réitère sa décision par lettre recommandée avec accusé de réception deux mois plus tard en fixant, cette fois, les limites du litige et énonçant les motifs de l’exclusion. Les membres de l’association sollicitent l’annulation de la décision, leur réintégration ainsi que des dommages-intérêts.

La Cour de cassation fait droit à leur demande au motif que le juge de proximité n’a pu constater que les intéressés ont été informés des raisons de leur exclusion et donc mis en mesure de présenter leur défense avant la prise de décision litigieuse (Civ. 1re, 17 mars 2011, n° 10-14.124).



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