Toutes les options d'accessibilité du site associathèque | Raccourci vers le menu de premier niveau | Raccourci vers le menu de second niveau | Raccourci vers le contenu principal | Raccourci vers le formulaire d'identification | Raccourci vers la recherche | Raccourci vers le pied de page

Newsletter

Communauté


Contactez-nous

Contact

Des remarques,
des suggestions ?

Deloitte

Témoignage de Jean-Pierre Vercamer, associé Deloitte, responsable du secteur Associations & Fondations qui nous présente la dernière étude réalisée sur les associations.


A l’occasion du 7ème Forum National des Associations et Fondations, je présenterai le 25 octobre prochain, avec Viviane Tchernonog, chercheur au CNRS-Centre d’Economie Sociale, l’étude « Les associations entre mutations et crise économique - Etat des difficultés ».

Il y a six ans, le laboratoire Matisse, le CNRS et Deloitte réalisaient l’étude « Trajectoires associatives » qui visait à identifier les facteurs de fragilité des associations employeurs.

Nous avons lancé cette année une enquête pour établir un nouvel état des lieux des difficultés du secteur et repérer leur impact par nature d’association.

Les associations ont principalement pointé les difficultés tenant à la raréfaction de leurs ressources, soulignant l’impact de la baisse des subventions publiques et la généralisation des appels d’offres. Cette rareté des ressources complique la maîtrise de la gestion, rendant les problèmes de trésorerie plus importants et plus récurrents. Ce constat ne m’a pas surpris.


En ma qualité de professionnel du chiffre, fortement impliqué sur ce secteur d’activité, je retrouve effectivement l’ensemble de ces difficultés sur le terrain. Les problèmes de trésorerie ou de fonds de roulement évoqués se recoupent avec une augmentation des états de cessation de paiement et des procédures d’alerte mises en œuvre ces derniers mois. Les états financiers traduisent dorénavant, et bien plus qu’il y a six ans, une véritable diminution des concours financiers publics. Les demandes de formation pour maintenir les compétences et la qualité des prestations rendues tant pour les salariés que par les bénévoles, les sollicitations de mécénats de compétences, les recherches d’outils donnant une visibilité indispensable sur le long terme, sont nombreuses. Les appels au secours d’associations dépassées par le formalisme imposé par le régulateur et les financeurs sont courants.

Faut-il rappeler que la montée de la judiciarisation des affaires conduit le secteur associatif à rejeter tout amateurisme et maintenir un professionnalisme total dans tous les domaines !

Cette situation rend plus fragile encore la pérennité de certains projets associatifs pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre Société.

Pourtant, il ne faut pas céder au climat de pessimisme que je sens poindre dans le secteur associatif.

La grande majorité des associations et des projets associatifs existants sont nés de l’énergie de quelques hommes et quelques femmes, de l’envie de solutionner sur le terrain des problèmes que l’Etat ou le secteur concurrentiel n’ont pas voulu traiter. Les actions engagées par les associations résultent souvent d’actes de courage et de dépassement de soi. Nul doute que l’état d’esprit des représentants du secteur consistera plutôt à utiliser cette liste de difficultés rencontrées comme des alertes préventives. Ce contexte constitue, à n’en pas douter une excellente opportunité à la mise en place de plans d’actions, de procédures, d’outils, de réflexion sur la gouvernance, de recherche de moyens techniques, humains et financiers nouveaux.

Et les premières pistes d’action pour faire face à ces difficultés ne manquent pas :

  • Des outils pour répondre à des besoins aussi élémentaires que la détention d’états de trésorerie, de budgets, de tableaux de bord,
  • La compréhension par les Autorités et les Financeurs que le secteur associatif n’est pas doté des mêmes moyens que le secteur concurrentiel,
  • La nécessaire adaptation des règles comptables et financières par certains assouplissements,
  • Une compréhension plus fine par les financeurs de l’activité de l’association intégrant un calendrier adapté aux cycles d’encaissement des ressources,
  • Le renforcement du mécénat de compétence,
  • Des fusions, regroupements, ou a minima des mutualisations de couts, qui permettraient d’éviter une concurrence peu efficace.


Comme pour tout secteur d’activité, l’important est de ne pas vouloir ignorer les problèmes, mais au contraire de les connaitre et de réagir pour y faire face.


Jean-Pierre Vercamer
Associé Deloitte, responsable du secteur Associations & Fondations



Retour aux témoignages